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Alliance de la terre et du laser, le bouchon délimite le rêve de la réalité. Il est tout le contraire d'un obturateur passif. Tout comme pour les grands crus qu'il protège, le bouchon est le fruit de siècles de tradition et d'années de recherche. Sabaté est l'une des maisons les plus prestigieuses, qui, à partir de la région de Perpignan, inonde le monde entier de ses 500 millions de bouchons par an.
Enquête conduite par Sally O’Goullow

Déboucher une bouteille est évidemment un acte quotidien pour notre lecteur. Ce geste est tellement routinier qu'il considère le bouchon comme un acquis, une sorte de dû de la nature. Emporté par la poésie du vin, de la bière, du cidre ou de l'eau de vie, qui imaginerait les innombrables étapes qui ont permis l'élaboration de ce noble sceau? A partir d'une simple écorce, songez pourtant à tous ces paramètres dimension, étanchéité, force d'extraction, compression, voltigeurs, taux d'humidité, composition organique et marquage.


Le "goût de bouchon" C'est dans les années 70 qu'on. a assisté â une recrudescence de ce faux-goût. Certains chimistes et oenologues ont pensé crue le chlore pouvait être à 1 origine du problème. Un nouveau procédé de Iavage au peroxyde été mis au point par Sabaté, qui est maintenant une référence mondiale.

 


CHENES LIEGE

Le chêne-liège ne se trouve qu'autour de la Méditerranée, et c'est en France et en Espagne que poussent les arbres de qualité. Il faut prés de 30 ans pour qu un arbre puisse être récolté pour la première fois.
C'est une opération délicate que de "démascler" le liège mâle (ou première écorce) sans abîmer la surface productrice (la mère), afin que cette dernière puisse reproduire, 19 à 12 ans plus tard, une écorce appelée liège "femelle", qui elle, sera utilisée pour la fabrication des bouchons.

Entre novembre et février, les représentants de la maison, après avoir examiné l'état des arbres, sont reçus par les familles propriétaires des grandes forêts. C'est par accord oral qu'une certaine partie de la forêt est alors laissée à l'exploitation.

Entre mai et septembre, on procède alors au démasclage des arbres et au débardage. Le fruit de la récolte est stocké sur un parc en plein air. Pendant 12 mois; les écorces vont donc s'imprégner des quatre saisons méditerranéennes. C'est important pour son équilibre et celui du vin.

On transporte ensuite les écorces dans le site de Céret (près de Perpignan), qui sont bouillies pendant une heure.

"La seule arme que je tolère, c'est le tire-bouchon !"

(Jean Carmet)

TRANSFORMATION

Viennent ensuite les opérations de calibrage, de triage et de pressage. Avant la transformation définitive, on procède à un second bouillage, puis on laisse reposer les plaques de liège en cave pendant 6 à 10 jours. Certaines moisissures montrent que le liège est encore "vivant". L'odeur caractéristique du matériau envahit les caves.

Viennent alors successivement le taillage en bandes (suivant la longueur désirée), le découpage "à l'emporte-pièce", le séchage, le calibrage et un pré-triage électronique par air comprimé.

Après quelques jours de repos mérité, les bouchons sont ensuite lavés par des procédés exclusifs. Un appareil optique au laser, extrêmement perfectionné (breveté en France) permet un triage définitif.

Restent les opérations de marquage à feu ou par machine rotative, puis les inscriptions par encre alimentaire.

Et ce n'est pas tout ! Il faut encore satiner ou traiter la surface des bouchons avant les essais finaux et la mise sous vide.

Pour une conservation optimale, le process concerne évidemment l'essentiel de la production.

Pourtant, des procédés artisanaux sont aussi employés pour les bouchons haut-de-gamme. Chaque plaque de liège est alors soigneusement examinée, et les bouchons sont découpés en fonction des stries et de la consistance du liège.

UNE FAMILLE ET DES MARCHÉS

Modeste Sabaté a fondé en 1939 cette maison qui reste totalement familiale. Sa philosophie est totalement inchangée : exercer le maximum de contrôle du bouchon en amont et en aval, afin d'être totalement maître de sa qualité. 15 milliards de bouchons sont vendus dans le monde chaque année (3 milliards pour la seule France). Entre ses deux usines en France et en Espagne, la maison produit 2 millions de bouchons... par jour. De quoi étancher la soif d'amateurs toujours plus nombreux. En effet, si la consommation de vin diminue, la qualité est de plus en plus demandée, qui exige par conséquent de bons bouchons. De surcroît, le marché mondial "explose". Or, la maison est présente partout dans le monde (Inde, Chine, Amérique du Sud...). Elle ne peut plus suivre la demande sans investissements importants. D'où son introduction sur le second marché. Pour nos lecteurs futés, voilà des bouchons en or massif.

P.S. : les incendies qui ont dévasté le Portugal en 2003 et 2005 ont épargné les chênes-liège. Ouf, on a eu chaud !

"Tu noies tes chagrins dans l'alcool ? Méfie-toi, ils savent nager !"

(Yves Mirande)

 

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