TOUS LES ARTICLES

En primeur

Autant en emporte le vin

Affaires de goût

La langue de boire

Ils nous saoûlent !

Pourvu qu'on ait livresque


... ET AUSSI

Autres sites de bon goût

Courrier des buveurs

Hauts ébats (+18)

LA REDACTION

L'ours et les plaideurs

Contactez-nous

  Le monde selon l'alcool
Le Centre Culturel du Cigare par Jean FUMAY
Bouchons : la famille Sabaté par Sally O'GOULLOW
Champagne : les délices de l'intox par Jean-Pierre JUMEZ
Le champagne n'est pas cru à 100% par Jean-Pierre JUMEZ
Procès : le champagne n'est pas cru à 100% par Jean-Pierre JUMEZ
 

Joute commerciale ou jeu médiatique, le combat juridique qui oppose le champagne à Yves-Saint Laurent durera autant que durera l'attention du public. Médiatiquement, il n'y aura pas de perdant. En ce qui concerne la récente action intentée à Londres contre une limonade au sureau anglaise qui avait osé – sacrilège – utiliser la sacro-sainte appellation sur son étiquette, la décision du juge de débouter le plaignant français a surpris toute la profession. Nous avons interrogé un Français (André EVERS directeur du CIVC, Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) et un Anglais (Nicolas FAITH, journaliste à The Independent)

Monsieur Evers, pourquoi avez-vous intenté cette action ?

- Le règlement 823/87 de la Communauté Européenne interdit d'utiliser des présentations trompeuses. Il semble que, pour des raisons liées à la mentalité, la version anglaise du texte soit en décalage. Pourtant, dans notre argumentation, nous nous sommes prévalus d'une tradition judiciaire anglais dite du "passing off ', c'est-à-dire du droit construit sur les jurisprudences successives. En 1960, l'étiquetage d'un mousseux avait ainsi été interdit, puisque l'appellation "champagne" ne pouvait s'appliquer qu'à un vin produit en France. D'autres décisions ont ensuite confirmé cette jurisprudence. Dans le cas présent, le juge n'est pas allé au bout du raisonnement, sous prétexte que le dommage est négligeable. Or, le problème n'est pas qu'il y ait dommage, mais tromperie ! Nous trouvons en tout cas scandaleux qu'une entreprise puisse purement et simplement piller la notoriété et le crédit d'une marque qui sont le fruit d'un long investissement. Nous subissons bien sûr la rançon de la gloire, mais de nombreuses professions sont concernées par ce processus. Par ailleurs, est-il vraiment sain de donner au public une fausse présentation d'un produit ? On attend sur une étiquette ce qui est censé se trouver à l`intérieur, et pas autre chose.

 

Une bouteille classique de 75 cl se nomme "champenoise". Mais connaissez-vous la contenance d'un nabuchodonosor, d'un balthazar, d'un salmanazar, d'un mathusalem, d'un jéroboam ou d'un réhoboam ? Réponse ici !

Alors, comment interprétez-vous cette décision?

- Il y a certainement un peu de nationalisme là dedans ou simplement de la sympathie vis-à-vis du faible : "Pourquoi embêter un petit producteur local, alors que les autres sont riches et puissants?". Et puis le juge a pu se dire qu'il n'y avait pas de dommage immédiat, alors que le problème, c'est qu'il y a véritable pollution !

Dites nous, Mister Faith, c'est un nouvel Azincourt, ce jugement !

- My God, vous les Français, vous êtes quand même drôles ! Est-ce que les producteurs de Scotch vont faire un ersatz de leur produit, et le mettre eux-mêmes sur le marché ? Alors, lorsque les Champenois utilisent leurs propres marques (Mumm, Deutz, Chandon...) pour produire des vins champagnisés en Californie, en Australie ou en Argentine, pour ensuite les vendre à des publics locaux suffisamment naïfs, comment voulez vous qu'on les croit ? Ils se pillent eux mêmes leurs marques, et ils se plaignent que les autres en fassent autant !

En plus, vous pleurnichez au sujet de la décision de ce juge, alors que, dans son immense fairplay, il voulait rendre malgré tout hommage aux Champenois. En employant les mêmes arguments pour le champagne que pour la limonade, il eût en effet intrinsèquement mis sur le même pied -enfin disons : sur le même plan - ces deux produits ; une véritable insulte envers le champagne !

Il a préféré débouter le plaignant. Heureusement, nous avons encore le sens des classes, en Angleterre...

 

"Lors de la victoire, je le mérite, mais dans l’adversité, j’en ai besoin"

(Winston Churchill - à propos du champagne)

 

Organe Central du Parti Alcoologiste Français (Aile Modérée) - pafmag@pafmag.com


Fabricant et importateur d’eaux de vie, de liqueurs et de vin doux en Suisse




Pour toutes vos traductions spécialisées
- 01 42 68 18 14


Autour d'une fontaine, une table raffinée au coeur de Paris 8è

Copyright © 2005 PAFmag. All rights reserved.